Nombreux sont les moments où la télévisison peut être utile aux parents, aux adultes s'occupant d'un enfant...Un anniversaire et le bon moyen d'avoir une brochette d'enfants calmes un petit moment - un médicament à faire prendre, des inhalations, couper les cheveux... L'enfant est distrait par autre chose, il ne bougera pas durant l'opération...
On pourrait c'est sûr avoir recours à d'autres moyens, mais celui là demande peu d'énergie pour l'adulte et fascinera l'enfant...
COMMENT PEUT-ON INSTALLER l'ENFANT DEVANT UN PROGRAMME DANS DE BONNES CONDITIONS ?
"Pour que le spectacle télévisuel ne soit pas uniquement un leurre, un ersatz parental", certaines conditions doivent être remplies ...
Avant
Le programme aura été choisi avec le ou les parents, vu et discuté en commun. Lorsque l'enfant le regardera seul, il se souviendra du bon moment passé avec ses parents lors du choix du programme.
Après
Le retour des parents doit susciter la mise en commun du vécu de l'enfant pendant "l'absence" des parents. La possibilité de leur raconter, même succinctement, une « nouvelle version », c'est-à-dire une nouvelle perception et de nouvelles interrogations, permet de situer ce moment dans une continuité rassurante."
"Psychanalyse des dessins animés"
Geneviève Djénati. L'Archipel, Paris, 2001 p.191
Certains jeunes enfants vivent très mal la fin d'un dessin animé, ou d'un programme: "Durant le déroulement d'une cassette, l'enfant laissé seul devant l'écran subit la fin du film. C'est pour lui une rupture brutale, l'effacement instantané de l'image extérieure dans laquelle, pendant un temps, il avait cru entrer et qui l'abandonne à sa solitude. " ("Des enfances volées par la télévision". Liliane Lurçat. François-Xavier de Guibert 2004 p.140)
C'est pourquoi, il est important de rediscuter avec l'enfant de ce qu'il vient de regarder lorsque l'on éteint l'écran.
Vous trouverez sur ce site, une mine d'info sur les enfants et la télévision, et surtout une aide pour déterminer si le dessin animé, ou le film d'animation est adapté à l'âge de l'enfant. Les programmes sont classés par âge et par ordre alphabétique:
http://www.presences.online.fr/video/videofilm.html
A titre d'information....trouvé sur le site du CSA
Ce que les enfants regardent à la télévision:
Pour les moins de 4 ans :
Les mesures d’audience des programmes télévisés réalisées par les instituts spécialisés n’intègrent pas les enfants de moins de 4 ans. Cela ne signifie pas que ces derniers ne regardent pas la télévision. Bien au contraire, ils sont bien souvent présents lorsque la télévision est allumée et que les adultes la regardent. Ils sont alors sollicités et stimulés, malgré eux, par ce flot d’images et de sons.
Pour les 4-10 ans :
En 2008, dans le palmarès des 10 programmes les plus regardés par les 4-10 ans, huit programmes sont des films.
Parmi les 10 programmes les plus regardés par les 4-10 ans en 2008, figure un journal télévisé. Les enfants ont le droit à l’information, c’est-à-dire le droit d’accéder à une information adaptée à leur âge mais bien souvent, l’information généraliste des journaux télévisés n’est pas adaptée à leur sensibilité et peut les angoisser.
La consommation TV par genre chez les enfants de 4-10 ans consacre, sans surprise, les programmes « jeunesse », qui arrivent en tête du palmarès avec une moyenne de 18,3% de parts d’audience sur les sept chaînes hertziennes “historiques”, suivis par le sport (15,3%), la fiction (films de cinéma, téléfilms, séries, feuilletons et pièces de théâtre), (15%), les émissions de divertissement et de télé-réalité (13,7%) et enfin la publicité (12,8%) et l’information (11,6%).
(Source : MMW-Médiamétrie)
Le temps que passent les enfants devant la télévision
En 2008, les 4 à 10 ans ont regardé plus longtemps la télévision que les 11-14 ans (2 h 13 min contre 2 h 09 min) et leur consommation a progressé de 8 minutes depuis 2000 alors que celle des 11-14 ans a diminué de 12 minutes.
La durée d’écoute des 4-10 ans abonnés à une offre élargie (chaînes thématiques payantes, chaînes de la télévision numérique terrestre, chaînes régionales, locales et étrangères) s’élevait même à 2 h 29 en 2008, soit 16 minutes de plus que pour les enfants accédant à une offre restreinte (sept chaînes « historiques » gratuites).
(Source : Médiamat-Médiamétrie)
La télévision n’est pas adaptée aux enfants de moins de 3 ans
Avant trois ans, l’enfant se construit en agissant, alors que la télévision risque de l’enfermer dans un statut de spectateur à un moment où il doit apprendre à devenir acteur du monde qui l’entoure.
En revanche, après trois ans, le fait de regarder des émissions adaptées à vocation éducative, avec l’accord des parents, peut stimuler certaines capacités de l’enfant comme la mémoire ou la reconnaissance des lettres de l’alphabet.
Selon les professionnels, seuls les programmes pour enfants peuvent être regardés par ces derniers avant l’âge de 8 ans.
La durée et le mode de consommation de la télévision, ainsi que le type de programme et les horaires de visionnage doivent également être adaptés à l’âge de l’enfant. Par exemple, le visionnage de 10 minutes de programmes représente déjà un temps de concentration élevé pour un tout-petit. Entre 3 et 6 ans, il est conseillé de privilégier des sessions courtes de visionnage, avec la possibilité de revoir plusieurs fois le même programme afin de comprendre l’action et les intentions des personnages, ce que ne permet pas le fait de « zapper » entre plusieurs émissions.
La télévision et le développement de l’enfant de moins de 3 ans
« Le bébé ne comprend pas, il ressent ! Un peu comme une éponge, il absorbe et s’imprègne de tout ce qui l’entoure. » (Qu’est-ce qu’il y a à la télé ?, Dr Claude Allard et Cécile Dollé, Albin Michel).
Le développement d’un jeune enfant passe par la motricité et la capacité à interagir avec les adultes qui l’entourent et avec les objets qu’il rencontre. Il existe plusieurs étapes dans le développement de l’enfant de moins de trois ans : le bébé est d’abord attiré par tout ce qui bouge puis il découvre qu’il peut agir sur son environnement et, dès que sa motricité le lui permet, il désigne les choses et les touche. A partir de neuf mois, le bébé imite sans comprendre ce qu’il voit. Vers un an et demi ou deux ans, il met des mots sur les choses et comprend des expressions de base.
Pour développer ses capacités, l’enfant doit utiliser activement ses cinq sens en s’appuyant notamment sur la relation avec un adulte qui répond à ses sollicitations. Il a besoin, pour se développer, de se percevoir comme pouvant transformer le monde, ce qu’il fait par exemple quand il manipule des objets autour de lui. L’exposition passive à des images diffusées sur un écran ne favorise pas ce type d’interaction et peut au contraire freiner le développement du tout-petit enfant.
Un très jeune enfant exposé à la télévision reçoit un flux d’images et de sons qu’il ne comprend pas et qui peuvent entraver son développement.
Le regard du bébé est capté par l’écran et l’effet calmant qui s’en suit peut donner l’illusion d’un effet positif. Or, au calme de l’enfant capté par l’image va souvent suivre une agitation, mal comprise pouvant paradoxalement amener les parents à augmenter la consommatio
de télévision.
La télévision et le développement de l’enfant de entre 3 et 6 ans
(Qu’est-ce qu’il y a à la télé ?, Dr Claude Allard et Cécile Dollé, Albin Michel).
"A partir de 3 ans, l’enfant est capable de suivre un film ou une émission qui l’intéresse. […] Il croit tout ce qu’on lui montre ou ce qu’on lui raconte. Il est d’abord crédule et il lui faut du temps pour parvenir à faire la part du vrai et du faux. »
L’enfant âgé de 3 à 6 ans réagit avec sa sensibilité. Dans cette période où son langage se développe et où il gagne en autonomie et en expériences en prenant des initiatives et en devenant plus actif, il est important de sélectionner les programmes qu’il visionne et d’en limiter la durée. Parmi ses différentes expériences, celle des images est importante car il construit à cet âge sa sensibilité. Selon ces différentes expériences, il deviendra confiant et offensif ou, au contraire, craintif et défensif.
Il n’a pas de recul par rapport aux images et ne percevra donc pas la différence par exemple entre une publicité et un programme ou encore entre la fiction et la réalité.
Il considèrera comme réelles les images effrayantes qu’il aura vues, sans avoir les mots pour exprimer ce qu’il ressent. D’où la nécessité d’exercer une vigilance particulière et de dialoguer avec lui.
La télévision et le développement de l’enfant de entre 6 et 10 ans
« Après 7 ans, il commence à prendre du recul. […] Il peut donner sens à ce qu’il voit, le relier à son contexte et donc prendre de la distance par rapport à l’effet immédiat de l’image » (Qu’est-ce qu’il y a à la télé ? Dr Claude Allard et Cécile Dollé, Albin Michel).
Entre 6 et 10 ans, la pensée de l’enfant se construit et lui permet de faire le lien entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Dès 6 ans par exemple, l’enfant commence à analyser, à comprendre.
Il commence à avoir une certaine expérience des images et peut les commenter. Il pourrait également vouloir montrer qu’il est capable d’imiter ce qu’il a vu.
D’où la nécessité de lui expliquer qu’il ne doit pas reproduire ce qu’il voit à la télévision de respecter sa sensibilité de jeune enfant en privilégiant le visionnage de programmes pour la jeunesse.
La télévision et le développement de l’enfant de plus de 10 ans
Il ne faut pas négliger l’accompagnement des enfants de plus de 10 ans.
Entre 10 et 12 ans, l’enfant commence à vouloir accéder de manière plus autonome aux images. Il veut diversifier les programmes qu’il regarde, continuer à regarder des programmes jeunesse mais également des programmes tous publics, ainsi que ceux déconseillés aux moins de 10 ans. Il est important de l’accompagner dans le choix de ces programmes, de lui apprendre à sélectionner ceux qui lui conviennent en devenant ainsi un téléspectateur actif.
De plus, à l’adolescence, il souhaite supporter certains contenus violents, même s’il n’en est pas réellement capable.
Il est important, même à cet âge et en dépit des facilités d’accès aux images dont disposent les adolescents, de dialoguer avec eux sur ce qu’ils regardent ou écoutent et de leur apprendre à choisir ce qui correspond à leurs goûts et à leur sensibilité.

